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Lundi de Pentecôte 2026 : devez-vous travailler le 25 mai ?

Le lundi de Pentecôte 2026 tombe le 25 mai. Jour férié légal, il est aussi la date la plus fréquente pour la journée de solidarité. 44 % des entreprises vous feront travailler ce jour-là. Décryptage de vos droits, de la rémunération et des stratégies pour en faire un pont.

En bref

  • Le lundi de Pentecôte 2026 (25 mai) est un jour férié légal, mais 44 % des entreprises y fixent la journée de solidarité — renseignez-vous auprès de votre RH.
  • La journée de solidarité = 7h de travail non rémunérées, au prorata pour les temps partiels. Pas de majoration jour férié.
  • La contribution patronale de 0,3 % rapporte 3,2 milliards €/an à la CNSA pour financer EHPAD, aide à domicile et handicap.
  • Stratégie : combinez Ascension (14 mai) et Pentecôte (25 mai) pour obtenir 7 jours de repos avec seulement 2 jours posés.

Le lundi 25 mai 2026 sera le lundi de Pentecôte. Pour environ 12 millions de salariés, ce jour férié rime avec un drôle de paradoxe : c'est à la fois un jour férié légal inscrit à l'article L3133-1 du Code du travail, et la date la plus couramment choisie pour la journée de solidarité. Résultat : une partie des Français travaille, l'autre profite d'un week-end prolongé de trois jours. Où en êtes-vous ?

Ce que dit la loi : un jour férié, mais pas chômé pour tous

La Pentecôte figure parmi les 11 jours fériés légaux listés à l'article L3133-1 du Code du travail. Mais attention : en droit français, seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé (art. L3133-4). Pour les dix autres jours fériés, dont le lundi de Pentecôte, c'est la convention collective, l'accord d'entreprise ou l'usage qui détermine s'ils sont chômés ou travaillés.

Cette subtilité prend tout son sens avec la journée de solidarité, instaurée après la canicule meurtrière d'août 2003. Cette vague de chaleur a provoqué près de 15 000 décès, principalement parmi les personnes âgées isolées. Le constat fut brutal : la France manquait cruellement de moyens pour l'accompagnement des personnes en perte d'autonomie.

La journée de solidarité : origine et fonctionnement

Naissance d'un dispositif unique en Europe

La loi du 30 juin 2004, portée par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, a créé la journée de solidarité. Le principe : chaque salarié travaille une journée supplémentaire non rémunérée (7 heures pour un temps plein), et chaque employeur verse une contribution de 0,3 % de la masse salariale à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

En 2026, cette contribution rapporte environ 3,2 milliards d'euros par an à la CNSA, qui finance les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), les services d'aide à domicile et les aides aux personnes handicapées. C'est le seul mécanisme de ce type en Europe : un jour de travail entier consacré à la solidarité intergénérationnelle.

Le lundi de Pentecôte n'est plus imposé

Initialement, la loi de 2004 fixait la journée de solidarité au lundi de Pentecôte. Devant les difficultés d'application (transports perturbés, gardes d'enfants impossibles, confusion générale), la loi du 16 avril 2008 a assoupli le dispositif. Désormais, les modalités sont fixées par :

  • Accord d'entreprise ou d'établissement (prioritaire depuis les ordonnances Macron de 2017)
  • Accord de branche, à défaut d'accord d'entreprise
  • Décision unilatérale de l'employeur après consultation du CSE, en l'absence d'accord

L'employeur peut choisir n'importe quelle modalité parmi celles prévues aux articles L3133-7 à L3133-12 : travail un jour férié habituellement chômé (le plus souvent le lundi de Pentecôte), suppression d'un jour de RTT, fractionnement en heures réparties sur l'année, ou tout autre dispositif équivalent à 7 heures de travail.

En pratique : qui travaille le 25 mai 2026 ?

Selon la dernière enquête de la DARES (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), 44 % des entreprises fixent la journée de solidarité au lundi de Pentecôte. Les autres se répartissent ainsi :

  • 28 % suppriment un jour de RTT ou un jour de repos
  • 18 % fractionnent les 7 heures sur l'ensemble de l'année (quelques minutes par jour ou par semaine)
  • 10 % fixent un autre jour férié (le lundi de Pâques, le lendemain de Noël en Alsace-Moselle, etc.)

Concrètement, si vous ne savez pas comment votre entreprise gère la journée de solidarité, consultez votre accord d'entreprise, le règlement intérieur, ou demandez à votre service RH. La modalité doit être communiquée aux salariés. Si aucune information n'est disponible, votre employeur a probablement opté pour la suppression d'un jour de RTT — vérifiez votre bulletin de paie.

Rémunération : comment ça marche ?

Le principe est clair : la journée de solidarité représente 7 heures de travail non rémunérées pour un salarié à temps plein (art. L3133-8). En contrepartie :

  • Si vous travaillez le lundi de Pentecôte au titre de la journée de solidarité, vous ne percevez pas de majoration pour travail un jour férié
  • Votre rémunération mensuelle ne change pas : vous n'êtes pas payé davantage ce mois-là, mais vous n'êtes pas non plus payé moins
  • Si votre convention collective prévoit des dispositions plus favorables (majoration maintenue, jour de remplacement accordé), elles s'appliquent

Cas des temps partiels, CDD et intérimaires

Pour les salariés à temps partiel, la durée de travail est calculée au prorata. Un salarié à 80 % doit donc 5h36 (7h × 0,8), pas 7h. L'employeur ne peut pas exiger davantage.

Les salariés en CDD sont soumis aux mêmes règles que les CDI de l'entreprise. Attention toutefois : si vous avez déjà effectué la journée de solidarité chez un précédent employeur la même année, vous n'avez pas à la refaire. L'employeur doit alors vous rémunérer normalement si vous travaillez ce jour-là (art. L3133-10).

Les intérimaires suivent les règles de l'entreprise utilisatrice. Si l'entreprise travaille le lundi de Pentecôte, l'intérimaire travaille aussi. La journée de solidarité est mentionnée sur le contrat de mission.

Stratégie congés : transformer la Pentecôte en pont

Si votre entreprise travaille le lundi de Pentecôte, vous avez deux options :

Option 1 : poser un jour de congé

Posez un jour de congé payé ou de RTT le lundi 25 mai. Vous obtenez un week-end prolongé de 3 jours (samedi 23 mai au lundi 25 mai). C'est la solution la plus simple.

Option 2 : combiner avec l'Ascension

Le jeudi de l'Ascension tombe le 14 mai 2026. En posant le vendredi 15 mai (1 jour), vous obtenez un week-end de 4 jours. Puis en posant le lundi 25 mai (Pentecôte), vous ajoutez un second week-end prolongé. Au total, 2 jours posés pour 7 jours de repos répartis sur deux week-ends prolongés en mai-juin. Consultez notre optimiseur 2026 pour voir toutes les combinaisons.

Et si votre entreprise ne travaille pas ?

Si votre employeur a choisi une autre modalité (suppression d'un RTT, fractionnement horaire), le lundi de Pentecôte est chômé pour vous. Profitez-en : c'est un week-end de 3 jours gratuit, sans poser de congé. Le calendrier 2026 place la Pentecôte le 25 mai, en plein cœur du printemps — idéal pour un court séjour ou une escapade nature.

Ce que rapporte la journée de solidarité

Depuis sa création en 2004, la journée de solidarité a rapporté plus de 40 milliards d'euros cumulés à la CNSA. En 2026, les 3,2 milliards collectés financent :

  • 1,8 milliard pour les établissements et services médico-sociaux (EHPAD, foyers d'accueil médicalisé)
  • 800 millions pour l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) versée aux départements
  • 400 millions pour la prestation de compensation du handicap (PCH)
  • 200 millions pour d'autres actions de prévention et d'aide à l'autonomie

Ces chiffres donnent du sens à cette journée parfois perçue comme une contrainte : chaque heure travaillée contribue directement à l'accompagnement des personnes vulnérables.

Ce qu'il faut retenir

  • Le lundi de Pentecôte 2026 est le 25 mai — un jour férié légal qui sert souvent de journée de solidarité
  • 44 % des entreprises font travailler leurs salariés ce jour-là ; les autres suppriment un RTT ou fractionnent les heures
  • La journée de solidarité = 7h non rémunérées en plus (au prorata pour les temps partiels)
  • Si vous avez déjà effectué la journée de solidarité chez un autre employeur la même année, vous n'avez pas à la refaire
  • Combinez Ascension (14 mai) + Pentecôte (25 mai) : 2 jours posés = 7 jours de repos

Questions fréquentes

Le lundi de Pentecôte est-il un jour férié en 2026 ?

Oui, le lundi de Pentecôte (25 mai 2026) figure parmi les 11 jours fériés légaux de l'article L3133-1 du Code du travail. Mais contrairement au 1er mai, il n'est pas obligatoirement chômé : l'employeur peut décider d'y fixer la journée de solidarité.

Suis-je payé si je travaille le lundi de Pentecôte au titre de la journée de solidarité ?

Non, la journée de solidarité correspond à 7 heures de travail non rémunérées en supplément (au prorata pour les temps partiels). Votre salaire mensuel ne change pas, mais vous ne percevez pas de majoration pour travail un jour férié. Seule exception : si votre convention collective prévoit des dispositions plus favorables.

Peut-on être obligé de faire la journée de solidarité deux fois dans l'année ?

Non. Si vous avez déjà effectué la journée de solidarité chez un précédent employeur la même année (changement d'emploi en cours d'année), vous n'avez pas à la refaire (article L3133-10). Si vous travaillez néanmoins ce jour-là, les heures doivent être rémunérées normalement.

À quoi sert concrètement l'argent de la journée de solidarité ?

La contribution de 0,3 % de la masse salariale alimente la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie). En 2026, les 3,2 milliards collectés financent les EHPAD, l'aide à domicile (APA), la prestation de compensation du handicap (PCH) et des actions de prévention. Depuis 2004, plus de 40 milliards d'euros cumulés ont été collectés.

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FP

Rédaction Faire-le-Pont

Publié le 7 avril 2026

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